Le rachat d’un terrain à « prix d’or » par la commune de Romanel-sur-Lausanne sera tranché par le peuple. Le référendum a largement abouti. Alors qu’il fallait au moins 387 signatures, les opposants à cette acquisition en ont récolté 600 dont 480 ont déjà été validées par l’administration communale, rapporte le quotidien 24 Heures.

Le rachat d’un terrain « prix d’or » de terrains par la commune de Romanel-sur-Lausanne sera tranché par le peuple. Le référendum a largement abouti.
Edgar Schiesser, ancien syndic de Romanel, membre de Romanel Libre

«Notre récolte de signatures a marché du tonnerre de Dieu. Oui, on s’est fait engueuler deux ou trois fois, mais les autres applaudissaient des deux mains. » relève l’ancien syndic Edgard Schiesser, membre de Romanel Libre.

Pas contre le collège, mais contre le coût excesssif

Pas d’appréciation éthique et morale

Rappelons que les référendaires ne sont pas opposés à la réalisation d’un collège et d’une salle de gymnastique sur les hauts de la localité, mais ils jugent le montant à engager trop important soit entre quatre et cinq prix le prix usuel au m2.

Pour mémoire, en 1975, la commune de Romanel-sur-Lausanne a classé des terrains en zone d’utilité publique principalement pour permettre d’aménager des établissements scolaires nécessaires au développement de la commune. Elle a renoncé à les acquérir partant du principe que l’affectation publique était à terme acquise.

Fin 2013, la Fondation Renée Delafontaine a acquis ces parcelles en toute discrétion pour 125 francs le m2 dans le but d’y construire un établissement permettant d’accueillir les élèves en situation de polyhandicap. Nul doute que ce bas prix était lié à l’affectation en zone d’utilité publique du terrain.

Ce projet n’est aujourd’hui plus d’actualité. La Fondation René Delafontaine s’apprête à vendre à la commune de Romanel ces trois parcelles au prix de 558 francs le m2. Or, la Commission cantonale immobilière chargée de la fixation des prix pour des terrains appartenant à l’Etat de Vaud applique pour la zone d’utilité publique des prix variant entre 50 à 150 frs le m2.

Le député Jérôme Christen avait demandé en avril dernier comment le Conseil d’Etat pouvait-il cautionner le fait qu’une Fondation largement subventionnée par de l’argent public (environ 15 millions annuels) réalise une plus-value de plus de 300% sur le dos d’une commune et s’il considérait que cette fondation qu’il subventionne avait une attitude acceptable sur le plan éthique et moral. Réponse de Mme Amarelle, « je ne suis pas habilité à vous donner des appréciations éthiques et morales en ce moment.» Les habitantes et habitants de Romanel-sur-Lausanne en jugeront.